Krabi – entre retour à la civilisation et aide aux victimes des inondations

Après une dernière nuit sur Ao Luek, je remballe mon sac et constate une nouvelle fois au réveil que la pluie est parmi nous. C’est la vie. Petit déjeuner et puis Zak’ me ramène en scoot à l’arrêt de bus, d’où par la navette joignant Krabi, qui n’est qu’à 30 minutes, pour 60 Baths (1,50€), toujours moins cher la Thaïlande ..

Krabi est une ville côtière de la région Sud de la Thaïlande, située à l’ouest de la péninsule Malaise, sur la mer d’Andaman. Située près de Phuket et des îles Phi Phi, c’est la capitale de la province de Krabi. La ville se situe à environ 820 kilomètres de la capitale du pays, Bangkok.

Arrivée qui se fait également sous la pluie pour changer, heureusement que j’ai un bon poncho et la bâche sur le sac. Je vais directement à l’auberge de jeunesse Chaofar de Hostel. Très belle auberge, vraiment stylée. Le personnel est très accueillant et sympathique, ça fait plaisir.

Je prends place dans le dortoir de 12 personnes, puis ça sera tranquillou à l’auberge pour cette après midi, entre tri de photos, films, … Je sors quand même vers 18h car mon ventre crie famine. La pluie redouble d’intensité, c’est abusé. Petite soupe pour me réchauffer, et entre les gouttes je rejoins l’hostel pour terminer mes occupations et rencontrer les autres « habitants » de la chambre, qui sont au final peu enclins à discuter pour le moment. Ce sera un autre film puis au lit.

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Pas de tout repose cette nuit ! L’auberge est en fait très bruyante, et les gens absolument irrespectueux. Entre les portes qui claquent, les sonneries de téléphone, les lumières qui s’allument en pleine nuit, des gens qui sortent et entrent toutes les heures, un calvaire. C’est un des rares fois où j’ai mal dormi en auberge. C’est dommage car elle est super stylée et très bien placée. J’ai réservé pour 2 nuits, j’espère que la suivante sera meilleure.

Journée qui démarre une fois de plus sous la pluie après une merveilleuse nuit … Je prends mon mal en patience !

Je prends le petit déj, puis vois que la météo doit s’améliorer à midi. Et ils ont raison, la météo ne s’est pas trompée. En fin de matinée, la pluie s’arrête, les nuages disparaissent et laisse apparaître une belle lumière que je n’avais pas vu depuis quelques jours. J’en ai presque mal aux yeux, mais quel plaisir de revoir le soleil, et surtout de ne plus être sous l’eau ! Direction le marché à côté de l’auberge. Le temps reste quand même nuageux avec des éclaircies, mais je kiffe de pouvoir être dehors.

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Le crabe de Krabi

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Original le décompte au feu rouge

Le marché, Maharaj Market, est assez grand mais pas folichon en soi, j’en ai vu des mieux en Thaïlande. Il y a beaucoup de poissons et de viande, ce qui a tendance à me dégouter réellement de plus en plus, moi qui à ce moment là est flexitarien et tend à devenir végétarien. J’ai de plus en plus de mal à voir ces étalages de cadavres.

Je sors du marché pour rejoindre le White Temple, à une quinzaine de minutes de marche, ça ne fait pas de mal. Le temple n’est pas très grand mais très joli, bien sculpté avec une jolie architecture.

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De retour, les nuages partent de plus en plus et je me dis c’est l’heure d’aller louer un scoot. Plusieurs agences de loc n’en ont plus, et je tombe sur une après une bonne demi heure de marche où il n’en reste plus qu’un. Petit souci : il faut le passeport et le gars ne veut rien savoir, il ne veut même pas mon permis. Je m’arrange pour lui laisser mon permis en « caution » le temps d’aller chercher mon passeport et revenir. Ouf, il dit oui.

Me voilà enfin véhiculé, pour 250 baths (6,30€) par jour. Les nuages reviennent un peu dans l’aprem mais tant pis, j’ai tellement rien fait ces derniers jours que ça me démange de bouger. Je suis parti sur Ao Nang, à 18 kms de là. Je prends la pluie vite fait au départ mais ça ne dure pas. Les paysages sont stylées, c’est un peu comme sur Ao Luek, avec les mini montagnes rocheuses qui sortent du sol. C’est magnifique de rouler à travers ces paysages. Je suis comme un gosse, je me régale ça fait tellement plaisir. 

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Après une demi heure de route, je me gare à la plage. Beaucoup de scoot, parking presque plein. La plage est assez grande et assez stylée. Les paysages au fond sont incroyables, ces espèces de blocs rocheux qui sortent du sol à côté de la plage c’est magnifique.

Normalement l’eau est beaucoup plus bleue que ça mais toutes les fortes pluies ont bien remué l’eau, ce qui la rend plutôt trouble. Mais bon, je suis tellement refait d’être en maillot sur la plage et de pouvoir me baigner, je n’y croyais plus. Le smoothie fruit de la passion passe tellement bien, je suis au top du top. Le contraste entre les jours précédents et ce moment est gigantesque. Retour ensuite en 2 roues avec un smile qui m’aurait valu une flopée de moustiques collée sur les dents s’il y en avait eu. Puis en arrivant à l’auberge, un bon nuage noir revient. Rien à foutre, il peut pleuvoir c’est pas grave j’ai tellement apprécié cette après midi que ce n’est pas grave.

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Des dizaines de cases à massage

En arrivant à l’auberge, je vois que le personnel et quelques personnes sont en train de préparer des bols de riz et de la nourriture dans des sachets individuels, avec des bouteilles d’eau et donuts. Je les questionne et en retour j’apprends que les villages voisins, à 7 kms d’ici, ont été dévastés par les inondations et certains ont tout perdu. Je me suis greffé à eux pour la préparation des repas, puis on s’est dirigé dans les villages.

Je n’avais jamais vécu cela mais je crois que c’est une des expériences les plus touchantes que j’ai vécue dans ma vie.

Nous sommes donc partis en pick-up dans les villages voisins, chacun d’entre nous avait un gros sac où dedans se trouvaient les vivres, que l’on a distribué individuellement aux habitants. Toutes les rues étaient pleine de boue au sol, on était pieds nus car impossible de marcher en claquette, car soit on glissait, soit la claquette restait collée avec l’effet ventouse. Certaines familles étaient dehors, avec absolument toutes leurs affaires sorties, pleine de boue. Que ce soit les lits, tables, armoires, … Tout est mort. La boue a tout détruit. La scène est tragique.

Et ce qui m’a le plus surpris et touché, ce sont les émotions des gens, qui, malgré l’ensemble des pertes, arrivaient encore à sourire. C’est aussi ça les peuples asiatiques. J’ai entendu beaucoup de personnes dire « Non mais les Thaï te sourient parce que t’es un touriste et tu leur rapporte de l’argent ». Certes il y a un fond de vérité, mais avoir vécu ce moment de désespoir et les voir quand même sourire malgré la situation, c’était on ne peut plus touchant. Et lorsque nous, touristes, leur avons remis en main propre la nourriture préparée, nous avons été touchés au plus profond de notre âme par leurs remerciements, plein de larmes et de sourires. C’était à la fois magique et tragique. Quelles émotions ce soir là, je ne m’attendais tellement pas à vivre cela en rentrant de la plage en scoot.

C’est au final ma première expérience humanitaire on va dire, et c’est tellement émouvant. On se sent utile, on s’entraide entre humains, peu importe la nationalité ou la couleur, c’était magnifique. Je n’oublierai jamais cette soirée là.

Certains militaires étaient venus étaient ces pauvres gens démunis, et j’ai réussi à récupérer quelques photos qu’ils avaient voulus prendre de nous en leur laissant mon mail. Beau souvenir.

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Et malheureusement, de retour, la pluie a refait son apparition. Grosse pensée à toutes ces personnes dont leurs sourires et leurs émotions resteront gravés.

Changement d’émotion lorsque je revis plus ou moins la même nuit que la précédente. Je décide le lendemain du coup de changer d’auberge, et me prend une chambre seul plus en dehors de la ville, vers l’aéroport, histoire de dormir correctement pour ma dernière nuit à Krabi.

En fin de matinée, je retourne à la plage de la veille car j’ai bien kiffé. Je savais que je montais au Nord de la Thaïlande le lendemain, alors je profite de la plage encore aujourd’hui. Petit coup de soleil alors que j’étais sous un arbre légèrement ombragé, ça ne rigole pas le soleil ici.

De retour, je décide de sortir de la route principale et d’aller explorer des endroits à l’improviste, rien de fou si ce n’est de trouver des habitations éparpillées dans la pampa avec des enfants et des gens qui jouent et mangent dehors, toujours le sourire, la vie tranquille. Une fois de plus, cela me rappelle l’Amérique du Sud, avec ces gens qui se contentent du peu qu’ils ont, et qui sont très heureux. Quelle liberté le scooter !

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Ultra calée la maison

Retour sur Krabi, où je suis allé me promener sur un chemin passant au travers de la mangrove. On est plongé en quelques minutes dans un autre univers, et cela m’a grandement rappelé ma paire d’années en terre guyanaise.

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De retour du chemin de mangrove, je vois des gamins jouer avec un petit chien. Ils s’amusent à lui courir après, puis les rôles s’inversent et c’est le chien qui leur court après. Tout le monde s’éclate, ça rit dans tous les sens ils me font marrer. Un des garçons vient me voir car il a capté que je les regardais. Il discute en Thaï, donc forcément je ne comprends rien, puis ils veulent une photo tous ensemble, ils m’ont régalé. On revient sur la simplicité de ces gens là … Génial !

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Le soir, je passe une bonne nuit ça fait plaisir. Il le fallait car je me dirige vers Wat Tham Suea le lendemain, un temple avec une statue de Buddha gigantesque au sommet d’une montagne.

J’y arrive tôt donc peu de monde est là pour y monter. Un temple et quelques structures sont à visiter avant de s’attaquer à la montée.

Le panneau au départ de l’ascension annonce la couleur : 1 237 marches à gravir. Ah ouais. Je vous garantis que si vous n’êtes pas réveillé, vous le serez après quelques marches. C’est un peu comme au Machu Picchu, les marches sont irrégulières et ça fait les cuisses.

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C’est parti pour 1237 marches !

Heureusement que les singes nous distraient pendant l’ascension, ça permet de souffler un peu. Ils sont comme des fous, et certains sont légèrement agressifs car ils cherchent la nourriture. Certains cherchent et mangent presque du plastique, abusé tous les déchets qu’il y a. D’autres sont plus casse cou et glissent ou slident sur les rembardent, ils régalent. Je partage ma souffrance en montant avec un Français et un Libanais qui sont autant en forme physique que ce que je peux l’être, ça soulage moralement.

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Histoire de savoir où l’on en est

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Dispositif anti singe
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J’y vais ou j’y vais pas ??

Quelques points de vue très sympa à voir pendant la montée, mais rien à voir avec l’arrivée au sommet.

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Il n’y a pas de mots, surtout que le soleil est au beau fixe. Une vue imprenable sur toute la région de Krabi, avec un géant Buddha qui nous accueille. C’est magnifique, et ça vaut la peine de transpirer un peu. Je profite une petite heure là haut à contempler les magnifiques paysages et discuter avec les gens, c’est juste génial. Quel travail pour réaliser toutes les marches et le Buddha au sommet de cette montagne. Remarquable. Je me suis régalé.

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Big Buddha, OKLM

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Magnifique ces paysages

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La descente n’en est pas moins difficile, car je ne sens presque plus mes jambes lors des appuis, heureusement qu’il y a la rambarde!

Retour à l’auberge où je fais mon sac. J’ai assez de temps devant moi avant de me rendre à l’aéroport prendre l’avion direction Chiang Maï. Puis fidèle à mes habitudes, je ne sais pas comment je m’y prends, mais je me mets en galère. Le prochain bus passe beaucoup trop tard pour l’embarquement, et je m’aperçois qu’il est écrit sur mon billet qu’il faut que je l’imprime sinon je dois payer un supplément sur place.

En quelques instants, je passe du moment où je suis large au moment où je suis en galère. Je réussis tant bien que mal à rejoindre l’aéroport avec mon billet imprimé, mais je suis en retard. J’étais censé arrivé à 15h et je suis arrivé à 15h15, mais ils m’ont accepté! Ouf! Just on time!

Allez, je souffle un coup, je bois un peu d’eau, et je m’envole direction Chiang Maï !

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